Au Tchad, pays enclavé au carrefour de l’Afrique du Nord et de l’Afrique centrale, près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Avec un système de santé fragile, l’accès aux soins est un véritable défi, particulièrement pour les populations les plus vulnérables, les exposant notamment aux conséquences de maladies oculaires pouvant aboutir à la cécité.
1.5 million de personnes souffrent de déficience visuelle au Tchad, tandis que des maladies tropicales négligées comme le trachome, l’onchocercose ou la schistosomiase sont endémiques dans certaines provinces du pays.
En 2014, l’OPC a ouvert à N’Djamena, la capitale, un Bureau Régional Afrique Centrale afin de répondre aux besoins croissants au Tchad et dans la sous-région. Depuis 10 ans, notre équipe y mène des projets à fort impact en partenariat direct avec les autorités sanitaires locales pour y atteindre les communautés les plus défavorisées.
Des avancées majeures dans la lutte contre les maladies tropicales négligées
Maladie bactérienne transmissible, le trachome est la première cause infectieuse de cécité irréversible dans le monde avec 125 millions de personnes à risque. Sa forme avancée, le trichiasis trachomateux, provoque des dommages irréversibles à la cornée.
L’OPC est le partenaire historique du Programme National de Lutte contre la Cécité (PNLC) lancé par le ministère de la Santé tchadien en 2014 pour éliminer le trachome comme problème de santé publique. Depuis cette date, nous avons dépisté plus de 600 000 cas de trachome et organisé des distributions massives d’antibiotiques dans les districts sanitaires endémiques du trachome. Grâce à une prise en charge chirurgicale et médicale de la maladie, le nombre de cas de trichiasis trachomateux est passé de 45 000 à moins de 10 000 cas. Nous poursuivons nos actions pour aider le gouvernement tchadien à atteindre l’objectif d’élimination du trachome d’ici 2030.
Maladie transmissible causée par des vers parasitaires, la schistosomiase demeure un problème majeur de santé publique au Tchad, touchant particulièrement les enfants en âge d’être scolarisés vivant dans les zones endémiques. Dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre les maladies tropicales négligées, le ministère de la Santé Publique, avec l’appui de l’OPC et de ses partenaires techniques et financiers, mène depuis plusieurs années des campagnes de distribution massive d’antiparasitaires. La dernière en date en novembre 2025 a permis de traiter 2 368 436 enfants d’âge scolaire dans onze provinces prioritaires.
Soins oculaires : des capacités locales renforcées
Dans les provinces du Ouaddaï et du Guéra, situées à l’est et au centre du Tchad, l’OPC mène depuis presque trois ans un projet pilote de renforcement des capacités et de fourniture de soins oculaires complets, en partenariat avec les Lions Clubs du Tchad et le Programme National de Lutte contre la Cécité tchadien.
Plus de 60 000 personnes ont bénéficié d’un examen gratuit de la vue au niveau communautaire et dans les centres de santé des districts d’Abéché et de Mongo en novembre et décembre 2025.
Un atelier d’optique a également été mis en service à Abéché, avec la rénovation et l’équipement d’un local pour la mesure de l’acuité visuelle, la taille des verres, l’assemblage des montures et la formation de deux techniciennes lunetières pendant neuf mois à l’Institut d’ophtalmologie tropicale de l’Afrique, à Bamako au Mali. Un premier stock de 2000 paires de lunettes de qualité est déjà disponible et 500 paires de lunettes pour enfants sont en cours d’acheminement.
Fort du succès de cette première initiative et du soutien des partenaires et donateurs de l’OPC, le projet est en voie d’extension avec la création d’un second atelier d’optique prévu en 2026, cette fois-ci dans le district de Mongo. Cet atelier permettra de couvrir les provinces du centre du pays (Salamat, Guéra, Batha) qui ne disposent d’aucun atelier d’optique à l’heure actuelle. A travers ces projets, l’objectif de l’OPC est de contribuer à une offre de soins oculaires complets accessible aux populations les plus vulnérables au Tchad.
« Chaque comprimé donné à un enfant, c’est une vie protégée, c’est la garantie qu’il pourra aller à l’école sans être handicapé par une maladie tropicale négligée. »
Barka Kali, chef de programmes au Bureau régional Afrique centrale de l’OPC au Tchad
